ʾAbū ʿAbdullāh Muḥammad ibn ʿAlī ibn Muḥammad ibn ʿArabī al-Ḥātimī aṭ-Ṭā’ī est né à Murcie, dans la taïfa de Murcie, le 26 juillet 1165.
Son père était de la tribu arabe de Tayy et revendiquait une ascendance du légendaire poète arabe Hatem at-Ta’i. Sa mère venait d’une noble tribu Berbère avec des liens forts avec le Maghreb.
Al-Arabi mentionne son oncle maternel, Yahya ibn Yughman, qui était à un moment donné un riche prince de la ville de Tlemcen, mais avait quitté cette position pour mener une vie de spiritualité après avoir rencontré un mystique soufi.
En 1179, son père organise une rencontre entre Ibn ʿArabi alors âgé de 14 ans et le philosophe aristotélicien Averroès (Ibn Roshd) à Cordoue. Dans Les Illuminations de la Mecque, Ibn Arabi raconte avoir à nouveau rencontré Averroès lors d’une vision. En 1198 il assistera à ses funérailles, à Cordoue.
Ibn ʿArabi se forme lui-même aux différentes formes des sciences islamiques et acquiert des connaissances considérables par la lecture de plusieurs maîtres.
Adolescent, il suit l’enseignement de l’amie de sa mère, Fatima de Cordoue, qu’il considère comme sa « mère spirituelle » et il est particulièrement marqué par Shams Umm al-Fuqarâ (de Marchena)6.
Son érudition ainsi que le rang de son père lui permettent de devenir secrétaire à la chancellerie de Séville. Il épouse alors une jeune fille d’une famille andalouse renommée, Maryam bint ‘Abdun qui représente pour lui « l’idéal de la vie spirituelle ».
À la suite d’une maladie au cours de laquelle il frôle la mort, il abandonne son existence de lettré et de haut fonctionnaire. Il a alors environ 25 ans et s’oriente vers la voie spirituelle (tariqa). Il la débute par une retraite de neuf mois sous la direction du maître spirituel Abu Djaʿfar al-‘Urayni. Ibn ‘ Arabi orientera sa vie vers l’approfondissement des études métaphysiques et fera la rencontre de plusieurs maîtres spirituels12.
En 1196 à Fès, âgé de 31 ans, selon la tradition, il a la révélation du « sceau de la sainteté muhammadienne »13. Il dit avoir reçu les « Gemmes de la sagesse » d’un trait, réveillé une nuit par Mohammed (saws). La sagesse est représentée par une pierre dont la forme représente la Tradition ; alors que la pierre est la même pour tous, elle est taillée différemment selon les formes prophétiques dictées à Abraham, Jésus ou Mohammed (saws).
En 1200, Ibn ʿArabi quitte définitivement l’Andalousie et entame un périple oriental, jusqu’en 1223. Il théorisera le voyage comme un moyen d’initiation et de méditation spirituelles dans Le Dévoilement des effets du voyage.
En 1202, il est à La Mecque. Il connaît une théophanie en la personne de Nizhâm (Harmonie), fille de la famille qui l’accueille. D’après Henry Corbin, « la jeune fille fut pour Ibn ʿArabi ce que Béatrice fut pour Dante ; elle fut et resta pour lui la manifestation terrestre, la figure théophanique de Sophia aeterna ». En 1203, il écrit Les Illuminations de La Mecque (ou : Illuminations mecquoises : Futûhât al-Makkiyâ), son maître ouvrage.
Il est à Mossoul en 1204, pour suivre l’enseignement du maître soufi ʿAlî ibn Jâmiʿ. Il reçoit de celui-ci le manteau, jadis reçu de Khezr lui-même.
Au Caire en 1206, il est arrêté par les docteurs de la Loi. Libéré grâce à ses relations, il quitte la ville pour retourner à la Mecque où il retrouve Sophia aeterna.
En 1210, à Qonya, en Anatolie, il a pour disciple Sadr al-Dîn al-Qûnawî, qui fut l’ami du grand mystique et poète iranien Jalâloddîn Rûmî et mourut comme lui en 1273.
On le retrouve ensuite en Arménie, puis à Bagdad, la Mecque, Alep et enfin Damas où il s’établit en 1223 et y reste jusqu’à sa mort en 1240. Il est enterré au pied du Mont Qassioun. Une année après la conquête de Damas par les Ottomans en 1516, Selim Ier, sultan de Constantinople, fit édifier un mausolée et une madrasa à l’endroit de sa tombe.
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