J’aimerais vivre à l’époque où…
J’aimerais vivre à cette époque où, lorsque le cœur était chagriné, lorsque les pensées étaient égarées ou que la tristesse nous envahissait…
…un sage, un homme de bien, nous accueillait au milieu d’une mosquée, assis, calme, disponible et simplement à notre écoute.
Cette époque où, lorsque l’on n’avait plus personne, on savait qu’il existait toujours une âme saine, quelle que soit l’heure. Une personne prête à nous écouter avec patience, à nous épauler sans nous juger, à nous réconforter ou à nous rediriger avec douceur vers de meilleures pensées.
Cette époque où être assis aux côtés d’une personne âgée était considéré comme un honneur, une marque de respect, de loyauté et de dignité.
Cette époque où l’argent, le profit et les intérêts personnels n’avaient pas leur place, car la véritable richesse était celle d’un cœur bon, capable d’aider avec sincérité, de parler avec sagesse, de conseiller avec douceur et sans aucun jugement.
L’époque où l’islam était une véritable école de vie, un refuge, un soutien. Une époque où chaque difficulté était prise au sérieux afin que la personne puisse retrouver la paix nécessaire pour prier et invoquer Allah avec un cœur et une âme apaisés.
À cette époque, on savait que pour préserver une personne dans son cheminement vers Allah, il fallait aussi préserver son existence, son équilibre moral, psychologique et physique. On comprenait que la maladie du cœur et de l’âme pouvait éloigner une personne de son Seigneur. Ce sujet était traité avec beaucoup de sérieux.
On prenait soin de l’être humain dans sa globalité, afin de lui faciliter la vie et de l’aider à demeurer sur le chemin de l’amour d’Allah.
Je rêverais de vivre à cette époque… Celle où une personne sage m’aurait appelée par mon prénom, m’aurait écoutée avec bienveillance, puis m’aurait laissée poursuivre mon chemin lorsqu’elle aurait senti que mon âme était enfin apaisée.
Quelle belle époque…
Aujourd’hui, nous vivons une autre époque.
Une époque où, lorsque l’on cherche un conseil, on nous renvoie souvent ailleurs. Il faut prendre rendez-vous, attendre, remplir des démarches… et parfois repartir sans avoir été entendu. Beaucoup finissent même par s’éloigner des lieux religieux, non pas par manque de foi, mais parce qu’ils n’y trouvent plus cette présence humaine qu’ils espéraient.
Aujourd’hui, cette école de l’écoute, du conseil, de la patience et du guidage semble devenir de plus en plus rare. Et je trouve cela profondément regrettable.
C’est mon constat. J’espère sincèrement me tromper.
Aujourd’hui, celui qui tient encore debout tient souvent grâce au dhikr, parce qu’Allah le guide et l’aime. Quant aux autres, ne les blâmons pas trop vite. Beaucoup ont cherché de l’aide auprès d’un imam, d’un savant ou d’une personne de confiance. Mais parfois, la seule réponse qu’ils rencontrent est une porte fermée : il faut payer, prendre rendez-vous, s’abonner, appartenir au bon cercle…
Alors, malgré tous leurs efforts, certains sombrent peu à peu dans la dépression. Et lorsque cette personne vit seule, sa souffrance devient encore plus silencieuse. Jusqu’au jour où elle finit par chercher du réconfort auprès d’inconnus : un médecin, un psychologue, ou même d’autres communautés religieuses, simplement parce qu’elles ont pris le temps de l’écouter. J’ai entendu ce témoignage, et il m’a profondément marquée.
Qui prendra conscience de tout cela ?
Ne laissez jamais une personne triste repartir seule.
Aidez-la comme vous le pouvez. Guidez-la comme vous le pouvez. Mais surtout… ne la jugez jamais.
Si les époques changent, gardons au moins notre humanité. Préservons l’être humain et les valeurs profondes de l’islam.
Gardons toujours une main tendue vers celui qui demande de l’aide ou vers celui dont le silence cache une immense souffrance.
Car parfois, sans même le savoir, vous pouvez être celui qui sauve une âme tourmentée.
#ImenA
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